[comparatif des programmes] Submersion marine : que doit faire un·e maire face au changement climatique ?

Analyse scientifique,
par Marie Chenet (candidate Voies Communes)

Avec 9 km de trait de côte le long de la Manche et 9 km le long de la Rance, la commune de Saint-Malo est concernée par le risque de submersion marine, puisque le GIEC prévoit une élévation du niveau marin de 60 cm à 1 m à l’horizon 2100.

L’élévation du niveau marin aura deux conséquences majeures pour la commune : des surcotes lors de fortes tempêtes et/ou de fortes marées, et un ajustement des nappes phréatiques. Elle peut également accélérer l’érosion des falaises (un risque toutefois moindre que les deux précédents).

Face au risque de surcote et de submersion marine (estimée à 7,5 m à Saint-Malo selon le PPRSM de 2017, 16 000 personnes concernées soit 34 % de la population totale, 4 % de la surface de la commune située à moins de 4 m d’altitude, zone protégée par 2 km de digues et des ouvrages portuaires), il faut poursuivre la surveillance et l’entretien des digues, isoler les réseaux d’assainissement (qui peuvent être localement connectés à la mer), informer les populations à risque suffisamment en amont des crises éventuelles, et surtout permettre à tou·te·s les Malouin·e·s d’accéder à une information claire sur le sujet, notamment lors des transactions foncières.

L’ajustement des nappes phréatiques à l’élévation du niveau marin peut avoir deux conséquences : des inondations par débordement de nappe et une salinisation progressive des nappes, parfois bien en amont dans les terres. Pour faire face à ce phénomène encore peu connu, il est nécessaire de mettre en place un suivi des niveaux piézométriques, accompagné d’analyses régulières de la salinité, et d’intégrer ce risque au PPRI. Là encore, l’enjeu est celui de la diffusion de l’information, tant auprès de la population que des entreprises de la commune.

Ce diagnostic a été rédigé par Marie Chenet, enseignante-chercheuse en géographie, spécialiste des risques (géophysiques et de géographie humaine), habitante de Saint-Malo et colistière Voies Communes.

Programme Voies Communes

  1. Nous poursuivrons la surveillance et l’entretien des digues, et isolerons les réseaux d’assainissement. Nous informerons les populations à risque en amont des crises éventuelles.
  2. Nous transmettrons une information claire et transparente sur le sujet.
  3. Enfin, nous créerons des partenariats de haut niveau conclus dans la transparence avec les citoyens, par la création d’un centre de recherche pour la connaissance de la submersion marine et le développement de filières économiques liées à la prévision et la protection contre ses conséquences.

Mesure n°28 : Pour faire de la faiblesse de Saint-Malo une force, nous créerons un centre de recherche autour de la submersion marine.

Saint-Malo, vitrine majeure en France de la question de la submersion marine, peut et doit devenir une référence sur ce sujet, en produisant localement des connaissances permettant d’apporter des solutions techniques, de gestion, et une meilleure compréhension de ce phénomène naturel.

Bilan Lurton

Nous ne trouvons pas sur le site de campagne du maire sortant de programme détaillé, contrairement à notre démarche engagée depuis le 8 février. Gilles Lurton a indiqué, lors de ses vœux pour 2026, qu’il ne ferait pas campagne sur son bilan. Concernant l’information et la prévention des risques liés à la submersion marine, il est en effet difficile de faire campagne sur une politique qui n’a pas été mise en œuvre.

Le Pays Malouin du 23 février 2026 publie les réponses de l’ensemble des candidats sur cette question. Le maire y déclare qu’il faut « informer la population sur les risques majeurs et les consignes de prudence (DICRIM), pour faire de chaque citoyen un acteur de la sécurité ». La question demeure : pourquoi avoir attendu six ans pour engager cette réflexion et un souhait d’actions ? Pourquoi ne pas avoir fait avant ?

Propositions RN

Le RN souhaite « moderniser les digues », selon le même article du Pays Malouin et affirme : « Le Danemark et les Pays-Bas n’évacuent pas leurs villes, ils renforcent leurs digues ». Marie Chenet, géographe et spécialiste des risques, alerte sur ce type de promesses formulées sans cadre scientifique. La comparaison avec les Pays-Bas est inappropriée : ces pays sont mobilisés depuis plusieurs décennies et interrogent aujourd’hui précisément les limites de ces solutions.

La réponse strictement techniciste consistant à rehausser les digues est extrêmement coûteuse et probablement inefficace à long terme. Des quartiers comme celui de la gare ou des Talards sont situés en zones historiquement inondables, sur des sols sableux. La montée du niveau marin pourrait les affecter par la remontée des nappes phréatiques et par les dynamiques de circulation des eaux souterraines.

Nouveau Cap

Carole Le Bechec met en avant, dans son programme, la nécessité de mieux faire circuler l’information et souhaite appliquer de manière stricte les préconisations des spécialistes.

C’est selon nous une bonne démarche, mais nous nous positionnons aussi dans la production des connaissances, au delà de ses applications.

Marc Nouvion

Marc Nouvion souligne le manque d’information disponible et la difficulté d’établir un diagnostic clair. Toutefois, cette posture, associée à un certain immobilisme, laisse entrevoir une approche peu proactive face à cet enjeu majeur, comme face à d’autres situations où les données sont complexes ou incomplètes.

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